Les vertus de l’improvisation théâtrale

Vertus improvisation thêatrale

L’improvisation théâtrale, même si elle a toujours été présente dans le théâtre, est réapparue il y a environ 40 ans en tant que pratique autonome. Poussée par l’émergence de concepts originaux venant du Québec et des USA, cette pratique trouve écho dans bien des domaines : le loisir, le spectacle, la formation des jeunes et bien sûr l’entreprise.

Mais que revêt cette pratique de si original ? En fait, l’improvisation théâtrale va bien au delà du théâtre car elle met en jeu tous les fondements de l’interaction sociale : l’écoute, le respect de l’autre, la solidarité, puis par rebond la coopération, la créativité, la co-construction, etc. Le pratiquant se retrouve à la fois auteur, acteur, et animateur de sa propre création. Sauf que l’urgence de la situation l’oblige à se couper de sa pensée analytique pour se plonger dans sa pensée créatrice. On est dans le « je fais, car je suis », plutôt que « j’aimerai faire, car j’aimerai être » ou « j’aurai aimer faire, car j’aurais aimé être ».

En entreprise, l’improvisation amène une dynamique qui contre certains excès inhérents à la nature entrepreneuriale: la prévoyance, le principe précaution, l’évaluation systématique des risques, l’analyse permanente des pratiques, la planification à outrance… Elle replonge le collaborateur dans le « faire » en mobilisant son « savoir-être ». Elle le motive à se construire dans l’instant, sans le filtre annihilant de l’auto-analyse. Et c’est grâce à la forme ludique de l’improvisation théâtrale, où tout n’est que fiction, qu’on peut se laisser aller et toucher les forces créatrices qu’on a en nous.

En deux heures d’atelier, on peut donc se retrouver avec des cadres de banque qui jouent des extraterrestres, des directeurs commerciaux qui deviennent des aventuriers dans une jungle, ou des ingénieurs système en super héros. Ils se retrouvent ensuite tout abasourdis d’avoir osé, dans un cadre bienveillant, sans jugement, et repartent marqués d’une expérience originale qui leur aura prouvé que « être » est la base du « faire.

Jean-Baptiste Chauvin est directeur d’Improforma et auteur du livre « le match d’improvisation théâtrale« , 2015, Editions Improfrance.

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